Prise de parole

Alexis le Trotteur

par Jocelyn Bérubé

1924, le cinéma muet est à son apogée; celui d’Amérique y est dominant ; les sous-titres de leurs «vues» sont facilement traduits et leurs films sont vus partout, même dans les salles paroissiales des villages les plus reculés du Québec. Le grand cinéaste d’Hollywood, John Ford – qui n’a qu’un œil, mais le bon – sort cette année-là un western fameux : The Iron Horse, un hommage en filigrane à l’Amérique du XIXe siècle conquérante des terres de l’Ouest, soudant leur destin à celles de l’Est. The Iron Horse devient un symbole d’union et de puissance au prix de l’anéantissement des nations amérindiennes rencontrées sur son passage.

07 January 2011

Et si c’était vrai ?

 Un conte de Noël

C’était sa cabane, sa caverne d’Ali Baba pleine de ces trésors insoupçonnés qu’il trouvait lors de ses voyages. La nuit surtout. Il n’aimait pas sortir le jour. À cause des chats, qu’ils soient blancs, noirs ou chamarrés. Il n’aimait que les chats gris parce qu’ils sont mystérieux, affirmait-il. Il en hébergeait plusieurs chaque nuit. Certains seulement de passage pour un bref séjour, et des habitués installés depuis des mois.

20 December 2010

Dans la maison de La Grande Oreille

Débarquer à Paris, fin novembre, avec 5 cm de neige et -4 °C, c’est déjà déroutant. Être invitée chez  Lionnette Arnodin , qui abrite les bureaux de  La Grande Oreille,  tient de la boîte à surprise. Car déjà, une grande maison avec un jardin, à 5 minutes de la ligne T3 de tramway et à 10 minutes de la Porte d’Orléans dans le 14e, c’est étonnant !

 La revue La Grande Oreille , créée en 1999 et spécialisée dans les arts de la parole, publie quatre numéros pa r année. Lionnette y participe depuis ses débuts et, en 2004, la reprend comme rédactrice en chef. Elle installe son équipe constituée presque complètement de bénévoles dans sa maison.

08 December 2010

Voir le conte

Depuis 18 ans, j’organise le festival du conte LES JOURS SONT CONTÉS EN ESTRIE. Dix-huit années à rencontrer des conteurs venus d’origines diverses. Un grand privilège. Au fil du temps, plusieurs sont revenus, sont devenus des amis.
Avec eux, j’ai pu commencer lentement à comprendre leur art : LE CONTE.
Les premières années, j’ai sans doute fait comme la plupart des gens : écouter les contes pour le simple plaisir d’écouter une histoire. Un divertissement fort agréable et, comme pour toutes les autres disciplines,

12 November 2010

Quel avenir pour le conte ?

«Est-ce à dire que le conte se porte donc à merveille»

Quand j’étais encore enfant, l’automne arrivé, ma mère récoltait de son jardin les légumes que la terre lui avait donnés. Un vieux dicton de jardinière disait : “Les pelures des oignons sont épaisses, l’hiver sera dur et il y aura beaucoup de neige.” En voyant ma mère assise, un oignon dans une main et de l’autre, commençant à le peler, elle versait une larme.

12 October 2010