Sur la route des contes…

Jeudi dernier, je prenais la route vers Trois-Pistoles sous un beau grand soleil, pour assister à la 15e édition du festival Le rendez-vous des Grandes Gueules. Maurice Vaney, son président et directeur artistique, pratique avec attention et passion une ouverture sur la francophonie. Il présente, pour notre plus grand plaisir, de nombreux conteurs du Québec, mais aussi de France, de Belgique, d’Afrique, du Liban, etc. C’est d’ailleurs une création francophone, Le Cabaret de l’impossible, réunissant trois conteurs – Sergio Grondin de la Réunion, François Lavallée du Québec et Achille Grimaud de Bretagne – qui a ouvert le festival. Une rencontre touchante entre trois artistes d’une même génération qui ont beaucoup en commun : le métier et la langue, mais qui ont aussi bien des différences, et surtout un rapport amour-haine envers une mère patrie qui leur a légué une culture qui se partage à coups de clichés… Jusqu’à ce que survienne une véritable rencontre entre les trois hommes et que les divergences deviennent connivences et amitiés. Une représentation a exceptionnellement été présentée le vendredi 14 octobre, à 14 h, à la Maison de la culture Plateau-Mont-Royal, au 465, avenue du Mont-Royal Est, Montréal (entrée libre). Si vous n'avez pu y aller, n’en soyez pas trop désolés, je suis certaine que ce spectacle reviendra tourner au Québec dans les prochains mois. À voir absolument !

Les spectacles du week-end dernier ont entre autres rassemblé, en deux grands spectacles collectifs, Bernadette Bidàude (Poitou), Achille Grimaud (Bretagne), Sergio Grondin (île de la Réunion), Kamel Guennoun (France-Algérie), Kevin Arseneau (Acadie), Victor Cova Correa (Vénézuela) et, du Québec, François Lavallée, Arleen Thibault, Pierre Labrèche, Christine Pelletier, Nadine Walsh, ainsi que Paul Bradley et Sylvain Racine du groupe Les Prétendants. Le dimanche soir, en clôture, Mike Burns nous a amenés dans son grand récit historique – Ma tristesse sur la mer – qui raconte l’immigration irlandaise au début du xxe siècle et son exploitation éhontée lors du creusage du Canal Rideau. Un récit captivant qui démontre bien que les conteurs, grâce à leur talent et leur prise de parole, gardent vivante la mémoire des humains oubliés de l’Histoire officielle.

Je reprends ce jeudi la route des contes vers Sherbrooke et le festival Les jours sont contés en Estrie. Je serai accompagnée par Pascal Dubois, de Oui’Dire Éditions, qui vient partager avec nous ses formidables CD de contes. Consultez le programme du festival pour savoir où se déroulent les spectacles. Nous serons à la Bibliothèque Eva-Sénécal, au 420, rue Marquette, à Sherbrooke, le samedi 15 octobre à 16 h, pour parler de littérature orale et présenter nos publications et nos auteurs-conteurs.

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