Rencontre avec Jennifer Couëlle, auteure

Ton sixième album avec CD publié chez Planète rebelle paraît le 14 septembre, quels sont les atouts d’une telle collaboration qui date de 2007 ?
Une maison d’édition qui vous appuie, qui vous publie sur la durée, c’est précieux. Elle donne le feu vert au processus créateur qui, potentiellement, s’intensifie, se précise, et prend peu à peu tout son sens. Mon expérience avec Planète rebelle me permet en quelque sorte de me découvrir. C’est une relation de confiance réciproque, nourrie d’avis et
d’échanges – rien n’y est pris pour acquis, et ça c’est formidable, parce que ça vous pousse toujours de l’avant ! 

L’album avec CD Mon meilleur meilleur ami réunit deux histoires d’amitié. Il semblerait que ce sujet te tienne à cœur puisque Coucou bonheur abordait ce même sujet.
L’amitié, oui. Parce qu’elle nous plonge dans des situations de proximité qui nous permettent de nous mesurer à l’autre, de découvrir l’aisance de la ressemblance et les exigences de la différence. La plupart du temps, ce sont les différences qui créent les remous… et le charme ! Elles nous renvoient à la fois à nous-mêmes, à notre essence, et à notre capacité à recevoir l’autre dans sa singularité. L’amitié appelle la compassion – un sentiment nécessaire pour vivre en commun. Et dans Mon meilleur meilleur ami, Arlequin, mine de rien, a beaucoup de compassion pour Oiseau gris, et Monstre Monstre se sert de son cœur pour parler à Malika, et l’aider à transcender son désarroi.

Ton écriture est pétillante, pleine de tendresse, de malice et d’espièglerie. Ces histoires te ressemblent-elles ?
Oh là là ! J’aime croire que je suis tendre… et j’avoue que la malice et l’espièglerie m’inspirent. Je crois qu’elles indiquent le plaisir de jouer, de ne pas se prendre trop au sérieux et de chercher le soleil dans tous les ciels.

Qu’est-ce qui t’inspire ?
L’expression, la manifestation d’une émotion. Aussi bien dans la parole que dans le regard ou dans la gestuelle du corps. Je guette les émotions des enfants, bien sûr, mais les adultes aussi sont traversés d’émotions… qui ont souvent un lien avec l’enfance, d’ailleurs.

Dans quel contexte écris-tu ? De quoi as-tu besoin pour nourrir ton inspiration ?
J’écris le soir, quand ma fille est endormie. Ou le matin, quand je suis seule avec le reste de mes rêves. J’ai besoin de solitude. Or, pour me nourrir, ce sont les êtres humains dont j’ai besoin, parfois les animaux – les chats qui s’introduisent dans mon jardin. J’observe et j’écoute… mes amis, ma famille, les commerçants et les voisins, les gens dans la cour d’école, les gens dans les cafés où je vais parfois travailler. Je dois être là, sentir et ressentir.

Quel serait le rêve d’artiste de Jennifer Couëlle, auteure ?
De toucher beaucoup, beaucoup d’enfants, dans le monde entier, de contribuer à faire en sorte qu’ils aient confiance en leur noyau de beauté. D’être une voix qui leur dit que les noirs et les gris ont un rôle à jouer dans le soleil de la vie.

Quelque chose à ajouter ?
Les enfants sont des poèmes.

Propos recueillis par Sonia Péguin.

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