RENCONTRE AVEC JANI PASCAL

Jani Pascal, votre démarche est celle d’une chercheure passionnée d’oralité qui a également à son actif une grande notoriété et l’organisation de nombreuses animations de contes populaires auprès du public montréalais.

Votre œuvre se poursuit aujourd’hui avec la publication de Contes populaires du Canada français. Quel est votre souhait concernant ce livre ? Quel public désirez-vous joindre ?

Mon souhait, c’est que tout un chacun
s’approprie mes contes et s’en divertisse.
Si je dis mes contes,
c’est que je me suis mise à la place des conteurs d’autrefois
pour m’approprier à mon tour leurs contes.
Pour ce faire, j’ai dû suivre le long chemin de celle qui découvre un filon.
Le filon des archives de folklore.
Là, à partir de différentes versions d’un même conte type,
j’ai fait revivre quelques-uns de nos contes
qui dormaient aphones dans ce fonds précieux de notre culture.
Que tous ceux qui veulent en raconter pigent à même mon livre.
Qu’ils éclaircissent leur voix de théâtre
et jouent dans l’émotion, dans la vérité, narrateur et personnages.
Mes contes deviendront les leurs et ils partageront mon plaisir.
Et, qui sait, si le sort m’est favorable,
ce sera peut-être mon legs à la mémoire collective des Québécois et des Canadiens.

 

Comment avez-vous abordé le travail d’adaptation de cet ouvrage ?

Le mot adaptation me chicote.
Il voudrait dire, pour moi, que j’aurais choisi un conte
et l’aurais soit-disant transposé au goût du jour,
ou accommodé à des valeurs à la mode, ou aseptisé, etc.
Tandis que je me suis fait un devoir
de n’utiliser que les motifs véhiculés dans notre tradition orale.
Mon apport a consisté à m’imaginer conteuse.
Puis, le texte a suivi mes mots, mon rythme, mes sonorités.

 

Quelles sont les nécessités liées à ce type d’exercice très exigeant ?

J’avais tout mon temps. Et il y a passé.
La recherche. Les dictionnaires. Les trouvailles. Le bonheur de la création.

 

Contes populaires du Canada français… « À lire à haute voix » est-il stipulé sur la page de faux-titre. Quelle est la portée de cette mention ?

« À lire à haute voix » ?
Cette mention exprime bien mon désir de partager mes contes.
Si vous les lisez, ainsi vous verrez que je les ai écrits aussi à haute voix.

 

Pouvez-vous nous dire un mot sur la présence d’illustrations dans Contes populaires du Canada français ?
À ce sujet, nous pouvons renvoyer le lecteur vers «Mot de l’auteure à propos des illustrations», page 229.


Oui, pour cette production, j’ai eu l’idée,
à l’instar du grand conteur Henri Pourrat,
de fouiller dans de vieux livres de contes publiés il y a plus de 50 ans.
J’ai pris un plaisir fou à chercher une imagerie qui collait, ou presque, au sujet évoqué,
puis à blanchir de vieilles illustrations grises ou toutes jaunies.
La graphiste Marie-Ève Nadeau
a joliment compris l’esprit que je voulais ajouter au texte.
Elle les a reproduites en miniature.
En feuilletant, vous verrez, cela donne le goût de lire le livre.

 

Au cœur du Festival interculturel du conte du Québec, une place d’honneur vous est réservée lors de la soirée Planète rebelle qui rassemblera bon nombre de protagonistes du milieu du conte et du livre. Que représente cet événement pour vous ?

Un trac comme je n’en ai jamais eu. Ça m’énerve !

 

Propos recueillis par Sonia Péguin, octobre 2011.

 


 

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