Les bateaux volants : loin du traditionnel !

Ayant grandi au Lac-Saint-Jean, je comprends facilement combien la grande ville de Montréal a pu intimider Barnabé, le personnage principal du conte Les bateaux volants. À douze ans, il doit partir de son village gaspésien, Ruisseau-à-Rebours, pour aller s’installer en ville, à la soudaine demande de son père. Il n’y comprend rien. Son père ne part même pas en même temps que lui ! Et il est accueilli à son arrivée par un de ses amis dont Barnabé n’a jamais entendu parler. Un Noir ! Son père ne lui avait jamais dit qu’il avait des amis aussi… colorés.

 

Grâce à leur humour, les auteurs Alexandre et Mathieu Vanasse ont ajouté à une histoire captivante des clins d’œil à des sujets d’actualité, tels que le racisme, les dangers des mondes virtuels et la place de la famille et de la tradition dans notre vie moderne. Leurs mots francs et rigolos décrivent parfaitement les impressions d’un jeune garçon découvrant pour la première fois une nouvelle culture, celle de l’ami de son père qui a un « accent drôlement épicé ». De plus, les dessins de l’illustratrice Hélène Matte aident à décrire un univers peuplé de diversités grâce aux différents motifs réunis en une même page. Ces dessins aux traits simples et aux styles hétéroclites illustrent le point de vue unique du personnage principal, dont la vision du monde s’élargit au fur et à mesure que son histoire s’écrit.

 

Les similarités entre Les bateaux volants et la légende traditionnelle La chasse-galerie sont tout en subtilités, ce qui permet à ce conte moderne de ne pas remâcher une sauce maintes fois servie, mais bien d’en proposer une nouvelle version. Donc, malgré ses racines ancrées dans la tradition, ce conte parle bel et bien du Québec d’aujourd’hui avec ses différentes cultures et son passé rempli de légendes.

 

Pourquoi lire et écouter Les bateaux volants ?

 

Parce que, comme le dit Zyfa, « un homme sans culture ressemble à un zèbre sans rayures ».

 

Parce que l’amour de la musique transcende les barrières culturelles.

 

Parce que la musique et les mots sont magiques !

 

De plus, le carnet « jeu et découverte » à la fin du récit propose plusieurs éléments pour une meilleure compréhension. On y trouve la légende complète de La chasse-galerie pour que les jeunes lecteurs puissent la découvrir. On y présente aussi les instruments nommés dans le conte, les thèmes abordés, l’Histoire derrière le texte et même un questionnaire pour tester la compréhension des lecteurs pour les projets de classe.

 

Carole-Ann Perron,

stagiaire