« Le chant des os » – le parcours

Le nouveau spectacle de contes de Renée Robitaille, Le chant des os, sera présenté en première au Studio-Théâtre de la Place des Arts du 7 au 9 février à 20 h. Ici vous est livré le parcours et la quête de la conteuse.

Moyen-Nord québécois, pays de démesure et d’hostilité, pays de givre et de tabous. En janvier 2010, dans le tumulte de la chasse au caribou, la conteuse Renée Robitaille atterrit dans la taïga. Avec pour seule arme sa grande oreille, elle se pose sur ce vaste territoire et s’aventure à la rencontre des Blancs et des autochtones pour recueillir leurs récits de vie.

Rapidement, elle fait face à l’évidence : un séjour d’une semaine ne peut rendre compte d’une contrée aussi mythique. Les personnages qu’elle aborde dans la taïga sont aussi énigmatiques que leurs terres, ils ne se laissent apprivoiser qu’avec une patience tranquille.

De retour à Montréal, la conteuse cherche un moyen pour remonter au-delà du 49e parallèle. Mais rien n’est simple. En voiture, il faut d’abord affronter les centaines de kilomètres de forêts et de lacs, où l’ombre de la civilisation n’existe pas. Passé le fameux « kilomètre 381 », il n’y a plus rien. Ni essence ni secours. Vivre la route vers la baie James, c’est le seul moyen de véritablement comprendre l’isolement des communautés nordiques. Et que dire des coûts exorbitants des avions qui daignent vous prendre au passage… Il est moins dispendieux de se rendre en Afrique que dans le Moyen-Nord québécois.

Résolue à pousser plus en avant sa cueillette de récits, Renée Robitaille imagine divers scénarios pour fouler de nouveau le pays des Cris. Mais toujours, elle se heurte à des problèmes de financement. Un matin d’octobre, elle croise la route de Bernard L’Heureux, le plus coloré des cuisiniers de Baie-James, s’il en est un. Touché par le projet de Robitaille, L’Heureux, qui est alors représentant syndical chez les Métallos, invite l’artiste à venir faire du collectage sur le chantier d’Eastmain, où deux centrales hydroélectriques sont en cours de construction. Robitaille profite de ce nouveau séjour pour vivre la vie de chantier et faire une incursion dans le village cri de Nemaska.

Par la suite, les étoiles s’alignent et les visites dans le Moyen-Nord se multiplient d’elles-mêmes. Un contrat de direction d’acteur permet à la conteuse de revenir en Jamésie à plusieurs reprises. Chaque séjour est une nouvelle occasion de souder les liens avec ses personnages et de véritablement prendre le pouls de ces terres mythiques. La collecte des récits du Chant des os sera ainsi étalée sur six saisons, conférant aux histoires recueillies un enracinement profond et troublant.

C’est avec fougue et tendresse que Renée Robitaille nous livre aujourd’hui les récits sauvages de ces êtres aussi vastes et bruts que leur territoire.

Le chant des os – le spectacle
Moyen-Nord québécois, janvier 2010. Les Blancs comme les Cris m’ont tous parlé de Jasmine, une femme sauvage, insaisissable, l’enfant amère d’un père fantôme. Plus ils m’en dévoilaient sur elle, plus j’étais troublée. Je ne voulais pas de cette boîte à chaussures remplie de lettres, le seul lien qui subsistait entre Jasmine et son père. Forcée de plonger au cœur de leur tourmente, j’ai constaté ma déroute : l’histoire de Jasmine me renvoyait à mes propres tripes et déterrait mes lointains secrets...

 

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