La force des mots

Hier p.-m., je parlais au téléphone avec Maurice Vaney, le directeur du Festival de conte de Trois-Pistoles, qui se tiendra du 6 au 9 octobre prochain. On discutait de son programme, de qui ferait la soirée de clôture du dimanche soir, enfin de choses et d’autres, quand soudainement il m’a dit : « Tu savais que Jack Layton est mort ? » Pincement dans la poitrine ; pour moi, le chef du NPD était le politicien le plus sympa au pays. Un homme engagé, certainement apte à tenir tête aux politiques conservatrices du gouvernement Harper. Un homme qui défendait la culture et les artistes – méprisés par les Conservateurs. On a dit qu’il a été l’instigateur de la nouvelle vivacité culturelle à Toronto lorsqu’il était conseiller municipal. Un bon musicien aussi.

J’ai gagné mes élections au fédéral, pour la première fois de ma vie citoyenne, quand Thomas Mulclair a été élu en 2008 dans mon comté. Cette année, en mai, j’étais en Europe. J’ai appris le résultat des élections sur Internet et j’étais contente que les Québécois choisissent de s’unir à la gauche avec le reste du Canada, permettant enfin un vrai choix électoral aux vieux partis. Ça ressemblait à un beau risque, principe cher à René Lévesque. J’ai entendu la lettre d’adieu de Jack Layton, lue par Gilbert Sicotte aux infos de RDI. J’ai été profondément bouleversée. Cet homme qui savait n’avoir que quelques jours à vivre, voire quelques heures, a trouvé des mots forts, des mots doux, des mots convaincants pour consoler, encourager, secouer même. Des mots capables de pénétrer les cœurs et d’y rester. Force est de constater qu’il a aimé son parti, ses collègues, les Canadiens, les Québécois, les hommes, les femmes, les enfants, les pauvres et les démunis de ce pays. Jamais un homme politique n’aura prononcé un si beau discours. « Mes amis, l’amour est cent fois meilleur que la haine. L’espoir est meilleur que la peur. L’optimiste est meilleur que le désespoir. Alors aimons, gardons espoir et restons optimistes. Et nous changerons le monde. » Ça pourrait être le début d’un conte merveilleux…

Marie-Fleurette Beaudoin, éditrice.
 

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