« Il n’y a que les barreaux qui nous séparent. »

Le 27 avril, Planète rebelle sort un nouveau livre avec CD, Temps d’agir, un deuxième titre dans la collection «Traces», cette collection qui veut donner place à des voix différentes. C’est une véritable rencontre avec des femmes incarcérées, accompagnées par des artistes dans un processus créatif complexe, mais d’une grande richesse. « Un livre organique », nous dit D. Kimm dans son introduction.

Cet ouvrage avec CD est issu du projet Agir par l’imaginaire, une initiative de la Société Elizabeth Fry du Québec (SEFQ) qui a pour mission de soutenir les femmes judiciarisées dans leur processus de réinsertion et de sensibiliser la société à leur réalité. L’idée était de travailler avec des femmes incarcérées ou en processus de réinsertion sur un projet artistique qui leur permettrait de prendre la parole pour offrir à la société un nouveau regard sur qui elles sont. La SEFQ a invité dans cette aventure Engrenage Noir / LEVIER, un organisme qui soutient l’art communautaire et activiste en réponse à des enjeux sociaux et à des inégalités systémiques, notamment la pauvreté. Le projet a engagé une dizaine d’artistes professionnels, ainsi que 49 femmes dans quatre lieux de production, soit la prison provinciale Maison Tanguay, le pénitencier de Joliette, l’Institut Philippe-Pinel et la Maison de transition Thérèse-Casgrain.

D. Kimm, directrice artistique de la compagnie Les Filles électriques et de la collection «Traces», fut l’une des artistes invités à prendre part à Agir par l’imaginaire. Le désir de présenter ce projet sous forme de livre avec CD lui parut essentiel. Pour respecter la démarche et l’intégrité du projet, un comité de direction artistique fut créé pour la réalisation de Temps d’agir. Le comité a été formé de Ruth Gagnon et Aleksandra Zajko de la SEFQ, de Devora Neumark d’Engrenage Noir / LEVIER, de D. Kimm et Marie-Paule Grimaldi des Filles électriques, et de Geneviève Fortin et Marie-Pier A., participantes au projet et consultantes, une équipe qui représentait ainsi toutes les entités engagées dans le projet Agir par l’imaginaire. La réalisation du livre a été rendue possible grâce au soutien de l’événement-bénéfice Les Indispensables. Créée en 2007, cette soirée rend hommage aux adjointes à la direction de grandes entreprises du Québec. Les fonds recueillis ont permis aux Filles électriques de financer à ce jour quatre projets de création littéraire avec des femmes en difficulté.

Le lancement du livre a eu lieu le 29 avril, lors d’un 5 à 7, à l’Écomusée du fier monde, 2050, rue Amherst (angle Ontario). Vous pouvait assister à quelques lectures, témoignages et performances. Le livre avec CD y était en vente au coût de 20 $ taxes incluses, prix spécial de lancement. Aussi issue du projet Agir par l’imaginaire, l’exposition Agir se tiendra du 27 mai au 16 juin, à la Galerie Eastern Bloc, 7240, rue Clark. Tous les renseignements sur <www.expoagir.com> et <www.lesfilleselectriques.ca>.

Voici un passage du livre qui, comme à presque toutes les pages, m’a profondément touchée. Je pense qu’on ne peut mieux décrire la terrible réalité de ces femmes. « On paie cher notre erreur, on paie très cher, en temps, en argent et en santé, en santé mentale, ben oui. Fait que je veux juste dire au monde qu’on n’est pas juste des criminelles, j’ai été autre chose, moi, avant de faire ça. » Anonyme

Section: