De retour à Montréal

J’attends mon vol de retour pour Montréal. J’ai pris un train tôt ce matin-là au départ de Neuchâtel. À mi-chemin de Genève, on annonce que le train doit s’arrêter à cause d’un accident sur la voie à Lausanne, les trains ne pouvant plus passer. Pas de panique, car j’ai encore presque trois heures avant mon vol. Finalement, ceux qui sont munis d’un billet d’avion, on nous fait monter dans des taxis qui nous déposent à l’aéroport. Bilan : trois-quarts d’heure de retard. J’ai donc presque deux heures à attendre, suffisamment de temps pour repenser aux bons moments du Festival Les Jobelins qui s’est terminé la veille au soir, après quatre jours de fête du conte. J’ai revu avec plaisir Catherine Gaillard que l’on avait reçue, à Montréal et à Sherbrooke, en 2012 et 2013. Elle a ouvert le festival avec son spectacle Les amazones en l’honneur du combat des femmes dans le passé, et aujourd’hui encore, pour le droit à s’aimer. Jihad Darwiche était là aussi. Jihad n’a plus besoin de présentation puisqu’il vient très souvent chez nous ; il a présenté une nouvelle création portant sur le témoignage de femmes qui ont participé au printemps arabe à la place Tahrir, au Caire, pour exiger le départ du dictateur Moubarak, en janvier et février 2011. Bouleversant ! Si les manifestations contre les coupures du gouvernement Couillard s’organisent ce printemps, c’est sûr que je descends dans la rue. Les Égyptiens ont tenu six semaines sur la place Tahrir. La Yasmina de Jihad a perdu son fils au nom de la liberté, qu’est-ce qu’on est prêts à donner, nous ? Un gros merci à Annelise, Pierre, Maya, Ana, Coraline et tous les autres de l’Association Paroles, qui ont organisé ce beau Festival. On se revoit en 2016.

 

Marie-Fleurette Beaudoin,

éditrice

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