Bons baisers de Suisse

Comme chaque printemps, j’ai repris la route de l’Europe. Premier arrêt Genève pour le Salon du livre et le Festival La Cour des Contes, de Plan-les-Ouates. Le vendredi matin 2 mai, à 10 h 05, après une nuit inconfortable dans l’avion, Joséphine, de La Cour des Contes, m’attend pour m’emmener à l’appartement de Carouge – quartier branché de Genève – où je vais passer la semaine. Ça commence bien. L’équipe – Pascal, Tamara, Sophie et Caroline – qui organise ce festival est particulièrement préoccupée par la qualité de l’accueil, et tous veillent sur les conteurs et les invités comme le feraient des mères poules. Le vendredi soir, le festival démarre en lion avec le conteur Michel Hindenoch et son spectacle Les Ravis. Un hommage tout en humour et en tendresse « aux innocents, aux idiots de village, à tous les différents [car] sans eux, notre monde qui n’est déjà pas drôle ne le serait plus du tout ». Le samedi, c’est au tour de Philippe Campiche, conteur suisse, de nous entraîner dans un récit bouleversant, avec Kalavitra des mille Antigone, qui raconte l’assassinat de 1 300 hommes du village de Kalavitra, au nord de L’Italie, en décembre 1943. Dur mais très beau ! Au début de la semaine : relâche. Le lundi, un peu de tourisme dans la ville avec les conteuses Leyla Darwiche et Halima Hamdane. Le mardi, en rentrant à l’appartement après avoir dîné avec Lorette Andersen (Histoires horrifiques, album avec CD, Planète rebelle, 2005) qui habite à Genève, je retrouve Jean-Marc Massie qui arrive tout juste de Montréal. « Il fait froid à Montréal, pour changer ! » me rapporte-t-il. Mais à Genève, il fait beau, profitons-en. Après avoir échangé des nouvelles pendant un moment, nous nous dirigeons vers La Julienne, à Plan-les Ouates, pour une causerie de Marc Buléon, un conteur français qui travaille depuis onze ans avec des adultes autistes qui racontent sur scène. Il en a tiré un spectacle intense, La géométrie des silences. À partir de mercredi, les soirées de conte se succèdent, toutes plus magnifiques les unes que les autres avec, entre autres, la grande Catherine Zarcate, Daniel L’Homond, qui vient chez nous à l’automne, Jean-Jacques Fdida et Pierre Delye. Ce soir, je vais voir le spectacle de Jean-Marc Massie, Delirium. À suivre.

Marie Fleurette Beaudoin, éditrice

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