15e édition de La Cour des Contes

La Cour des Contes est un important festival qui se déroule chaque année, en mai, à Plan-les-Ouates, en banlieue de Genève, en Suisse. Dix journées de contes, une quarantaine de conteurs et plus de cinquante spectacles. Pascal Mabut, du Service de la culture de la municipalité, a l’immense tâche de planifier le programme, bien entouré par l’équipe du Service de la culture et celle de La Julienne, café-théâtre où sont présentés la majorité des spectacles.

Vendredi soir, pour l’ouverture du festival, j’ai vu Le voyage extraordinaire de Peer Gynt, un conte musical écrit par Henrik Ibsen, adapté par la conteuse Casilda Regueiro. Un conte merveilleux qui raconte l’histoire d’un jeune paysan norvégien, fanfaron et affabulateur, qui parcourt fjords, montagnes, déserts et océans pour se rendre compte, à la fin de sa vie, que le vrai bonheur avait été à portée de main dans son village natal. Le récit de la conteuse était magistralement soutenu par la musique d’Edvard Grieg, interprétée par l’Orchestre à cordes de Lancy-Genève. Un beau spectacle.

Samedi, je suis allée voir le nouveau spectacle de Philippe Campiche, un conteur d’origine suisse romande, que j’avais découvert au festival de Trois-Pistoles, en 2008. C’est l’histoire de Yonn, un petit orphelin que personne n’écoute dans le village où il vit. Alors, Yonn enfile ses chaussures et, avec Grenouille, Aigle et Lune, il va percer le mystère des bruits du monde. Un conte rythmé de paroles et de musique pour petits et grands, présenté toute la semaine au Théâtre de l’Étincelle, du Quartier de la Jonction. Ce spectacle est un autre exemple de l’engouement des conteurs pour les contes musicaux. Samedi soir, jusqu’à trois heures du matin, nous nous sommes fait raconter les plus beaux contes et mythes des déserts d’Afrique par Hamed Bouzzine, ce fabuleux conteur touareg.

J’ai passé mon dimanche en compagnie des contes de Victor Cova Corréa, ce conteur du Venezuela qui raconte avec verve et humour des histoires puisées à la tradition orale sud-américaine ou dans la littérature de Gabriel García Márquez. Son univers est habité par un petit Indien philosophe, un petit rat, une petite souris qui taille une montagne, une autre souris convaincue de l’avantage de parler les langues étrangères, un petit pois et un perroquet qui renverse les dictateurs. Après l’écoute de ses contes, la vie nous semble meilleure.

J’ai retrouvé avec plaisir Françoise Diep, rencontrée au Québec le printemps dernier et merveilleuse narratrice des histoires de Jennifer Couëlle dans Mon meilleur meilleur ami. Le festival se poursuit jusqu’au dimanche 13 mai. Renée Robitaille vient d’arriver. Elle présentera son spectacle Hommes de pioche jeudi prochain. Je vous raconterai…

 

Marie-Fleurette Beaudoin, éditrice.

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