Le dimanche soir, maman avait l’habitude de faire cuire du poulet à la peau croustillante et des patates en robe des champs qu’elle transformait en fleurs. Mon père, assis au bout de la table, nous regardait de ses beaux yeux bleus. Il était fier de ses enfants jusqu’au moment où, après le souper, nous nous mettions à nous picosser et à nous chicaner. Or, mon père, qui détestait la chicane, disait alors :
— Chut, chut, chut ! La Poule à Madame Moreau est malade, et si vous ne restez pas tranquilles, vous ne la saurez pas, la belle histoire.
Il faut vous dire que la Poule à Madame Moreau était toujours malade, mais pourtant chanceuse. Elle n’était pas morte, elle aurait pu se faire tuer.
Une légende raconte que Madame Moreau avait trois filles. Quand elles eurent atteint l’âge de se marier, Madame Moreau leur dit :
— Avant de vous marier, vous allez passer une épreuve. Je vais donner à chacune de vous une poule que vous devrez tuer sans que personne ne vous voie ni ne vous regarde.
L’auteure nous raconte son retour à Maniwaki, son village natal, pour accompagner ses parents devenus vieux : son père, le merveilleux épicier, et sa mère, la faiseuse de miracles. Elle nous invite à vivre ces moments d’intimité avec ses contes, ses réflexions philosophiques et ses vérités du moment. C’est beau, drôle et touchant.
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